Le jour où l'on quitte une plateforme : ce qui part dans le carton, et ce qui reste derrière

« Pourquoi payer un site, alors qu'une plateforme me le fait pour rien ? » La question se tient. Les offres de site gratuit racontent en détail le jour où vous vous inscrivez. Le jour où vous partez, parce que l'abonnement a grimpé ou que le site ne ressemble plus à votre entreprise, elles en parlent beaucoup moins. C'est pourtant ce jour-là qu'on découvre ce qui était vraiment à soi.

Ce qui suit vaut quel que soit celui qui fait le site : une plateforme en ligne, une agence, le cousin qui s'y connaît. Et pour nous aussi, puisque nous proposons en ce moment un site à zéro euro de création, avec un hébergement et un support obligatoires à 89 euros hors taxes par mois. Ce n'est donc pas un site gratuit, et nos conditions sont en fin d'article.

Ce qui est à vous, et ce qui ne l'est pas forcément

Un site, ce sont cinq choses, et elles n'ont pas toujours le même propriétaire.

Le nom de domaine. C'est l'adresse que tapent vos clients, votre-entreprise.fr. Pour un .fr, l'Afnic, qui gère cette extension, est nette : les droits sont à la personne inscrite comme titulaire. Si c'est votre prestataire, c'est lui qui les détient. Et si votre site s'affiche sous une adresse du type votre-entreprise.plateforme.com, ce n'est pas un nom de domaine à vous : il contient celui de la plateforme. Sur certaines plateformes, brancher votre propre nom demande d'ailleurs un forfait payant.

Les textes et les images. Ce que vous avez écrit et photographié vous-même reste à vous, encore faut-il le récupérer avant de partir. Les images tirées de la banque d'une plateforme sont parfois réservées à un usage chez elle : celles-là restent. Et quand quelqu'un d'autre a écrit les textes ou pris les photos, c'est lui l'auteur. Le Code de la propriété intellectuelle lui donne des droits sur son œuvre du seul fait de sa création. Sans cession écrite qui précise ce qui vous est cédé, ces droits peuvent rester chez lui.

La mise en page. Le design du site, sa structure, ses réglages. Sur certaines plateformes, le site ne peut tourner que sur leurs serveurs. Et quand un export existe, il laisse parfois de côté les réglages de style, des types de pages entiers ou le contenu de certains en-têtes et pieds de page. Vous repartez alors avec du contenu, et un site à refaire.

L'adresse e-mail professionnelle. Votre contact@votre-entreprise.fr repose sur le nom de domaine. L'Afnic le rappelle : quand un nom est bloqué, ce qui arrive par exemple après une vérification de coordonnées qui n'aboutit pas, le site et les adresses e-mail cessent de fonctionner. Perdre la main sur le nom, c'est exposer aussi vos e-mails.

Les positions sur Google. Google classe des pages, et chaque page a son adresse. Quand ces adresses changent, Google recommande de rediriger chaque ancienne page vers la nouvelle, avec des redirections permanentes gardées aussi longtemps que possible, en général au moins un an. Même bien faite, une migration peut faire fluctuer la visibilité pendant un temps, et pour un petit site, Google peut mettre quelques semaines à transférer la plupart des pages vers leur nouvelle adresse. Encore faut-il, pour rediriger, avoir gardé la main sur l'ancienne adresse.

Sur une plateforme, ou avec vos fichiers

Même site, deux situations. Choisissez la vôtre et regardez ce qui tombe dans le carton.

Simulation

Le jour où vous partez, qu'emportez-vous ?

  • Nom de domaineÇa dépendÀ vous seulement s'il est déposé à votre nom. Une adresse du type votre-nom.plateforme.com reste à la plateforme.
  • Textes et imagesÀ récupérerCe que vous avez écrit et photographié vous-même vous suit, à récupérer avant de partir. Les images de la banque d'une plateforme peuvent devoir rester chez elle.
  • Mise en page du siteÀ refaireSur certaines plateformes, le site ne tourne que chez elles, et l'export, quand il existe, laisse de côté une partie de la mise en page.
  • Adresse e-mail professionnelleÇa dépendElle suit le nom de domaine et le service qui l'héberge.
  • Positions sur GoogleÀ regagnerRediriger une adresse de la plateforme dépend de ce qu'elle permet, parfois contre paiement : sans redirection, les positions sont à regagner.
Dans le carton

1 élément sur 5 part avec vous

Nom de domaineTextes et imagesAdresse e-mail professionnelle

Deux cas génériques : ils ne décrivent l'offre d'aucun prestataire en particulier. Chaque plateforme et chaque prestataire a ses règles : vérifiez les vôtres, par écrit, avant de vous engager.

Dans les deux cas, le nom de domaine pèse plus lourd que le reste. Des fichiers sans le nom, c'est un site à réinstaller à une nouvelle adresse, et des positions à regagner, puisque vous n'avez plus la main sur l'ancienne pour la rediriger. Le nom sans les fichiers, c'est une bonne adresse et un site à refaire.

Un site gratuit l'est à l'entrée. La note arrive à la sortie.

Le nom de domaine : qui en est titulaire, comment le récupérer

L'Afnic dit recenser bon nombre de cas, dont celui-ci : une société confie l'enregistrement de son nom à un prestataire informatique, qui le dépose à son propre nom par souci de simplicité, sans que le client l'ait demandé. Tant que la relation dure, cela ne se voit pas. Le jour du départ, le nom n'est pas à vous.

Vérifiez dès aujourd'hui. Pour un .fr, le Whois de l'Afnic affiche le titulaire, le bureau d'enregistrement et la date d'expiration. Seuls les particuliers sont masqués par défaut : pour une entreprise, le titulaire apparaît. Pour un .com, lookup.icann.org indique chez quel bureau le nom est enregistré. Le titulaire d'un .com, lui, se vérifie dans votre espace client, ou par une preuve écrite demandée à votre prestataire.

Vous en êtes titulaire ? Vous pouvez changer de bureau d'enregistrement à tout moment, après avoir relu votre contrat. Demandez à votre bureau actuel le code de transfert, dit code auth-info, et transmettez-le au nouveau, qui s'occupe du reste. En .fr, le bureau doit donner ce code gratuitement au titulaire, et à lui seul. Le changement de bureau, lui, est généralement payant. Une fois la demande déposée par le nouveau bureau, il se fait tout de suite si l'ancien l'accepte, au bout de huit jours s'il ne réagit pas, et au bout de vingt-deux jours s'il s'y oppose.

Pour un .com et les autres extensions génériques, les règles de l'ICANN obligent le bureau à vous remettre le code sous cinq jours calendaires après votre demande, s'il ne vous permet pas de le générer vous-même. Un délai de blocage peut aussi s'appliquer après une création ou un changement de titulaire.

Quelqu'un d'autre en est titulaire ? Le code ne vous sera pas remis : il revient au titulaire. Il faut d'abord obtenir qu'il vous transmette le nom. Cette discussion est nettement plus simple avant de signer qu'au moment de partir.

Surveillez l'échéance. En .fr, un nom non renouvelé passe trente jours en période de rédemption, puis retombe dans le domaine public, où le premier venu peut le prendre. Le récupérer peut alors coûter une longue négociation, voire un litige, surtout si le nom était bien référencé.

Cinq questions à poser avant d'accepter un site, gratuit ou non

Posez-les à qui vous fera le site, nous compris, et demandez les réponses par écrit : c'est sur elles que vous vous appuierez en partant.

  1. À quel nom sera déposé le nom de domaine ? Exigez celui de votre entreprise, puis vérifiez-le plutôt que de le croire sur parole : dans le Whois de l'Afnic pour un .fr, dans votre espace client ou par une preuve écrite pour un .com.
  2. Qu'est-ce que j'emporte si je pars, et sous quelle forme ? Faites préciser ce que contient l'export ou la remise, et si le site peut tourner chez un autre hébergeur.
  3. Combien je paie chaque mois, combien de temps je suis engagé, et que coûte le départ ? Un site à zéro euro de création ne dit rien de ce qui se paie ensuite. Demandez le montant hors taxes, et à partir de quand l'engagement court.
  4. Qui gère mes adresses e-mail, et que deviennent-elles si je pars ? Vérifiez si la messagerie dépend de l'abonnement du site.
  5. Qui a fait les textes et les images, et puis-je les réutiliser ailleurs ? Une image de la banque d'une plateforme, ou un texte sans cession écrite, peut ne pas vous suivre.

Nos propres conditions

Publier un article sur la liberté de partir quand on impose son hébergement, on pourrait nous le reprocher. Alors voici ce que notre offre impose. L'hébergement et le support sont chez nous, obligatoirement, à 89 euros hors taxes par mois, avec trois mois d'engagement comptés à partir de la mise en ligne. Le support comprend les modifications de contenu courantes : textes, photos, horaires, coordonnées. Une nouvelle page ou une refonte, c'est un devis.

Passé les trois mois, vous partez quand vous voulez, et nous vous remettons vos fichiers.

L'offre, et comment prendre une place

Le site, c'est celui que nous vendons 499 euros hors taxes : un site sur mesure d'une page, fait pour votre métier, en ligne sous sept jours ouvrés une fois tous vos éléments reçus. Cinq entreprises l'obtiennent à zéro euro de création, avec l'hébergement et le support décrits juste au-dessus. Les places vont dans l'ordre d'arrivée des demandes complètes : premier arrivé, premier servi.

Toutes les conditions sont sur la page des cinq sites. Pour prendre rang, passez par le formulaire de contact en indiquant « Cinq sites », ou écrivez à contact@aceconseil.co. Sur LinkedIn, commentez SITE sous la publication de Jennifer Carrolo, cofondatrice du cabinet : elle vous répond.

En contrepartie, nous vous demandons votre accord écrit, signé avant le début du travail, pour nommer votre entreprise et montrer le site, sur les supports et pour la durée indiqués sur la page de l'offre.